Bah voilà j'ai fait un schoilla de texte que je vais poster ici à chaud !
Alors j'invite tous les futurs membres à en faire autant

Comme ça on va voir si on s'est compris

Une araignée grimpe sur mon écran.
Je tapais un article pour le Journal, détenteur de la vérité, concentré dans la rédaction de mon texte. Mais voilà que la bête surgit de nulle part et me stoppe net.
L’index en suspension au-dessus de la touche « p », mes yeux sont rivés sur l’arachnide. A peine plus grosse qu’une tête de lézard, elle parvient néanmoins à attirer l’intégralité de mes songes sur elle. C’est tout simplement surprenant.
Je tente de me replonger sur mes phrases, recadrer tous mes songes sur l’activité des passeurs de clandestins, mais rien n’y fait.
L’araignée me trouble et je ne sais pas pourquoi.
Alors, dans un excès de lassitude, je la prends délicatement et la jette contre le mur. Là elle se débat un peu, puis remet sur ses huit petites pattes pour repartir se nicher dans un nid sombres.
Je me lève et l’écrase, je ne supporte pas d’être dérangé.
§
J’arrive à la rédaction en marchant d’un pas ni trop tranquille, ni trop énervé. Malgré le petit intermède avec l’araignée, l’article est fini.
On pourrait se dire qu’il est ridicule de s’être arrêté pour une simple bestiole, et je le pense aussi. Cependant il y avait quelque chose d’anormal ou tout du moins c’est ce que je crois.
Il semblait qu’une présence maligne avait empli ma pièce lorsqu’elle, l’araignée, était intervenue. Ce n’était pas elle, impossible, mais elle en était une des représentations.
De là à connaître le but qu’elle avait, il y a un fossé énorme, je n’ai jamais pensé qu’il existait une signification à la présence des choses. Elles sont là soit parce qu’on les y a mises, soit parce qu’elles sont venues, point.
§
Lorsque je franchis le sol de la porte vitrée, je remarque que le carrelage a été trop frotté. Il brille tellement que les lumières se reflètent et me déchirent les yeux.
La manche devant la tête je passe rapidement, il ne sert à rien de s’attarder. Je longe les murs et évite de justesse pots de fleurs et fontaines à eau.
Je m’arrête devant l’ascenseur, appuie sur le bouton d’appel. Dans ma valise dort tranquillement l’article, bientôt il sera livré.
Quand les portes s’ouvrent devant moi, je sens un frisson parcourir mon échine.
§
Face au patron, je n’en mène pas large, je suis stressé, je suis inquiet.
C’est assez inexplicable, j’étais tout à fait décontracté en entrant, et au moment exact où mes doigts se sont posés sur la feuille que je devais donner, je me suis mis à penser différemment.
J’avais tapé le texte avec fierté, là je voyais nettement les fautes. Enfin non, je ne les voyais pas, je voyais celles que le rédacteur en chef apercevait.
Il commença de lire et, comme à son habitude, me tourna le dos. Les premiers mots de l’article m’apparurent distinctement.
Il me dit qu’il y a faute de chronologie, que la mise en contexte est mauvaise.
Je lui demande pourquoi il ne me fait pas remarquer que c’est surtout qu’il pense le contraire de ce que j’ai mis. Il ne me répond pas, m’indique juste la sortie.
§
Je dois retaper le texte, le refaire intégralement. Il est bon mais pas assez neutre, alors j’ai trois heures pour en rendre un mieux.
Je recommence, depuis le début. Raye quelques phrases sur le brouillon, rajoute des mots, utilise des références plus poussées.
Les touches ne connaissent pas de répit jusqu’à ce que j’aie fini, j’imprime et relis à voix haute. Heureusement que je suis seul, sinon ma femme penserait que je parle avec un politique tant le discours est sérieux.
Un regard rapide vers l’horloge me montre qu’il me reste une heure et demie. Fatigué, je m’accorde un sommeil.
§
Lorsque je me réveille, le soleil a une couleur matinale.
Je me lève et attrape mon réveil, il n’est pas là. Je suis dans mon lit.
Je me sens mieux alors, mon patron n’a pas refusé mon texte, c’était juste un rêve dû au stress. Il me reste toute une journée pour terminer l’article, du calme.
La thermos me sert un café réchauffé, je le prends sans trop en savourer le manque de goût, traînant les pieds vers le poste informatique.
En allumant l’écran, je remarque qu’une araignée grimpe dessus.